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Se reconstruire après un cancer du sein


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Confiance en soi et séduction sont exacerbées lorsque l’on se sent bien dans son corps.

Dès les premiers jours suivant l’opération, notamment lors des soins de la cicatrice et les changements de pansements, les soignants constatent combien la modification de l’image corporelle peut affecter les femmes dont la totalité ou une partie du sein vient d’être enlevée. Nous avons interrogé à ce propos Anke Fesenfeld, chercheur, qui a réalisé une étude scientifique sur le ressenti des femmes opérées dans les premiers jours suivant l’opération et sur la façon dont elles souhaiteraient être prises en charge.

Quels facteurs influencent le vécu et la perception de son image après une opération du sein ?

Il y a de très nombreux facteurs. Il me semble essentiel de comprendre tout d’abord que chaque femme est différente et qu’elles ne peuvent toutes être prises en charge de manière identique. Il n’existe pas de solution universelle. Que l’on soit médecin, soignant ou applicatrice, il est important de s’intéresser individuellement à chaque femme et de connaître son histoire personnelle. On peut ainsi comprendre les difficultés qu’elle rencontre et mieux appréhender les réserves de force dont elle dispose pour accepter les changements inhérents à la perte du sein.
Le pire malheureusement, c’est qu’encore aujourd’hui, dans de très nombreux cas, ces femmes doivent se battre contre des préjugés liées notamment à leur âge. Il est fréquent d’entendre qu’une femme plus jeune est sexuellement plus active. Pour les femmes plus âgées, on considère par contre que la sexualité n’est plus aussi importante et que son conjoint attache plus d’importance à sa beauté intérieure. De telles idées sont vraiment pesantes et blessantes. Par ailleurs, un nombre non négligeable des femmes ayant participé à l’étude, disent avoir honte de leur corps et n’osent plus affronter les autres. N’est ce pas révoltant, dans notre société actuelle, que des femmes ayant fait face à une maladie comme le cancer du sein puissent avoir à subir de tels affronts ?

Dans la pratique, qu’est ce qui peut être amélioré ?

Il nous faut prendre ces femmes au sérieux et les écouter. Il nous faut aussi s’imaginer à leur place. C’est ainsi que médecins, soignants et applicatrices pourront faire comprendre les informations qu’ils leur donnent. Il est important de leur laisser du temps.
Du temps notamment pour qu’elles puissent, à leur propre rythme, faire le deuil de leur sein. Parmi les femmes qui ont participé à cette étude, certaines ont fait directement leur deuil après le diagnostic.
D’autres ont nécessité plus de temps pour réaliser ce qui s’était passé. Certaines, par contre, même cinq ans après, ne sont toujours pas arrivées à accepter. Il n’existe aucune norme.

Quels conseils pourriez vous donner aux femmes opérées pour mieux gérer la perte de leur sein ?

Il n’existe pas de conseil universel. Je souhaite par contre vivement les inciter et les encourager à penser
sérieusement à elles et à considérer comme très importants leur vécu et leurs besoins.

Jenny V. (33 ans) accueille et conseille les femmes opérées dans le choix de leur prothèse et de leur lingerie.

Jenny essaie avec beaucoup de calme et d’empathie de trouver avec sa cliente opérée une solution pour lui redonner une silhouette équilibrée. Pour cela, elle sélectionne une prothèse et un soutien-gorge conçu pour le port de la prothèse, qui conviennent aux besoins et aux goûts de sa cliente.

Comment arrivez-vous à instaurer une atmosphère détendue dans votre point de vente ?

Il est important de prendre du temps. Nous nous installons dans notre salon d’essayage, une pièce agréable, totalement isolée de tout bruit, et dans laquelle nous ne serons pas dérangées. Nous nous asseyons en face l’une de l’autre. Nous parlons : je pose des questions à ma cliente sur sa situation actuelle, sur son ressenti. Cela m’aide à mieux comprendre ses besoins.

Mais comment savez-vous que la solution choisie pour votre cliente est la bonne ?

Comme nous l’avons déjà évoqué, nous prenons du temps. Du temps pour découvrir ce qu’elle apprécie et ce qui pourrait convenir à son mode de vie, mais aussi du temps pour essayer. Le choix de la prothèse passe avant par le choix d’un soutien-gorge parfaitement adapté à la morphologie et aux envies de la cliente ainsi qu’au port d’une prothèse. Nous prenons des mesures pour déterminer la bonne taille de soutien-gorge. Une fois que celui-ci convient parfaitement, que la cliente se sent bien, nous passons à l’essayage de la prothèse. Nous accompagnons la cliente dans son choix, lui prodiguons des conseils d’utilisation, mais en aucun cas, nous ne la pressons. Avec l’expérience, je vois rapidement que la solution choisie est bien celle qui lui convient. Mais elle doit faire elle-même son choix. Je demande à ma cliente de bouger dans le salon, de faire quelques mouvements afin de voir comment elle se sent. Le petit truc pour qu’elle soit sûre : lui faire essayer un vêtement près du corps. Lorsqu’une femme nouvellement opérée découvre sa nouvelle silhouette dans le miroir, c’est un tel plaisir pour moi de la voir sourire à nouveau. La plus belle des récompenses.

Vous êtes déjà expérimentée dans la prise en charge de la femme opérée. Selon vous, quels sont les facteurs qui influencent le choix de la prothèse ?

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Bien entendu la forme et la taille du sein mais aussi le type de chirurgie pratiqué vont nous guider dans notre choix, de même que le ressenti de la prothèse lorsqu’elle est portée. Les femmes nouvellement opérées sont souvent surprises de constater que la prothèse offre un agréable confort et qu’elle ne représente pas un corps étranger autant qu’elles l’avaient imaginé. Elles constatent que cette prothèse prend très vite la température de leur corps et qu’elle se comporte très naturellement.

Côté lingerie, les femmes opérées savent-elles toujours ce qu’elles veulent ou bien les orientez-vous ?

Plus d’une femme sur deux ne porte pas la bonne taille de soutien-gorge, nous devons systématiquement reprendre des mesures. Pour ce qui est des formes, matières ou coloris, on me demande tout d’abord souvent du blanc ou un coloris chair ou champagne. Mais dès que je montre des modèles mode en dentelle et en couleur, et que je les invite à essayer, elles adorent. Elles se sentent tellement féminines avec. C’est une grande satisfaction pour moi. Et puis j’ai les inconditionnelles de la lingerie tendance. A chaque saison, je les retrouve et elles aiment découvrir les nouveaux coordonnés. Vous savez, aucune femme n’achète sa prothèse avec plaisir, mais les dessous, c’est autre chose.

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